Mardi 17 avril 2007
  Une jeune femme que seule l’obscurité environnante habillait s’approchait de lui en exposant les courbes avantageuses de son corps, pour son plaisir. Sans même s’échanger un mot, ils s’enlacèrent vigoureusement. A son tour, le jeune homme se retrouva dévêtue, et ils serrèrent leurs deux corps tandis qu’ils s’embrassaient presque violemment. Leurs langues se frappaient, ou se caressaient peut-être. La jeune femme éloigna la première son visage, emportant la lèvre de son partenaire entre ses dents avant de la relâcher. Son regard était clair, arrogant, dominateur. Les bouts de ses seins encore accolés au corps de l’homme descendirent lentement le long de son ventre, de son sexe et de ses cuisses. Et tandis que le visage de la femme disparaissait à sa vue, caché par la cascade de sa chevelure, elle se mit brusquement à chanter. Le jeune homme en fut surpris, sans réellement s’en rendre compte, mais le chant se fit plus fort, plus audible, plus réel. L’obscurité qui les entourait commençait à tourner autour de lui, et à se matérialiser autour de son corps pour l’étouffer de chaleur. Désespéré, il jeta un regard à la fille, dont le corps se déformait étrangement alors qu’elle commençait enfin l’acte désiré. Le contact avec les lèvres de la fille fut gênant, ou plutôt démangeant. L’impression que quelque chose allait explosé en lui le saisit enfin, et le réveilla.

 

  Alexandre ouvrit l’œil droit, puis la moitié du gauche. Enveloppé dans sa couverture, il eut un pincement au cœur en prenant conscience que ce « chant » si dérangeant était son radio réveil mal réglé, qui ne captait pas grand-chose d’autre que de la brume. Il passa une main dans son caleçon pour soulager cette envie incontrôlable et éteint son réveil pour mettre fin à son calvaire auditif avant de se lever d’un bond, laissant son beau rêve dans son lit, et soupirant profondément en prévoyant la journée qui l’attendait. Il faisait encore nuit noire et personne chez lui ne se lèverait avant qu’il ne soit partit en cours, aussi comme chaque matin il se leva discrètement pour ne pas faire de bruit et se dirigea vers la salle de bain. Il alluma la lumière, et se cacha le visage pour protéger ses yeux. Malgré ça, il était conscient de ne pas être réveillé et se donna lui-même une bonne baffe pour y remédier. Entrant dans la douche, il ouvrit le débit d’eau et eut un geste de recul vif au contact d’un jet d’eau glacé qui sortait du tuyau de sa douchette troué, avant d’aller malgré tout passer vingt minutes sous la douche en somnolant sans bouger.

 

  Il continua son rituel matinal jusqu’à se retrouver devant l’arrêt de bus. Comme tous les matins, quatre personnes s’y trouvaient. Une fille, un peu plus jeune que lui, ni mignonne ni souriante, qui s’arrêterait quelques arrêt avant lui, un gars de son âge qui était dans le même lycée que lui, avec l’air d’un faux caïd, auquel il n’avait jamais parlé par manque d’intérêt. Les deux autres étaient bien plus âgés et se connaissaient, ce qui permettait d’avoir une conversation à suivre, aussi peu intéressante soit-elle.

 

  Le bus finit par arriver, au grand bonheur des patients qui refroidissaient dans le matin noir d’hiver. Après avoir prit la place du fond, Alexandre s’installa le plus confortablement qu’il put, et c’était peu dire tant les minuscules sièges, durs et étroits, laissaient peu de place à ses genoux. Il entreprit donc de regarder l’extérieur du véhicule pour passer le temps. Il aimait bien regarder par les fenêtres, ça lui donnait le sentiment d’être ailleurs…Il y voyait les gens s’animer, les rues s’éveiller en même temps que le soleil. En faites il voyait ce qu’il voyait tous les jours, les même gens qui faisaient les mêmes activités, encore et encore…

Non...C’est vraiment une vie de merde.

Par Enoemos
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